La polémique autour de l’audio attribué au président de la Fédération guinéenne de football prend une nouvelle dimension. Le président actuel de la faîtière du football national aurait saisi un tribunal ordinaire de Conakry contre le président et le secrétaire général du Kaloum FC, alors que ces derniers avaient auparavant alerté le comité exécutif de la FEGUIFOOT sur l’existence de cet enregistrement. Une démarche qui suscite déjà une vive réaction de plusieurs clubs membres statutaires de l’instance.
Selon nos informations, les dirigeants du Kaloum Football Club ont été convoqués devant une juridiction de droit commun à Conakry à la suite de la plainte déposée par le président de la Fédération guinéenne de football. Les responsables du KFC avaient pourtant saisi, dans un document adressé au comité exécutif de la FEGUIFOOT, afin de l’alerter sur l’existence d’un audio attribué au président de la fédération et demander sa suspension provisoire.
Cette procédure judiciaire est contestée par certains acteurs du football guinéen. Dans deux communiqués diffusés ce lundi 9 mars 2026 sur leurs supports digitaux, le Wakriya AC et le Horoya AC expriment leur indignation face à cette décision. Les deux clubs estiment que cette initiative est contraire aux textes régissant l’instance faîtière du football guinéen.
Dans son communiqué, le Wakriya AC ne cache pas sa colère et dénonce une atteinte aux règles internes de la fédération : « Le WAKRIYA AC est profondément choqué et indigné par la décision du président de la Fédération Guinéenne de Football, en tant que garant moral de notre association, de porter plainte contre le président et le secrétaire général du Kaloum FC, qui est un club membre de la FGF. »
Le club de Boké estime que cette démarche viole les mécanismes internes de règlement des conflits prévus par les statuts de l’instance : « Cette action est non seulement contraire aux statuts de notre association nationale, mais elle constitue également une atteinte grave aux droits des membres au sein de la fédération. »
Dans la même correspondance, le Wakriya AC rappelle que les différends internes doivent être traités dans les structures prévues par la fédération : « Les problèmes de la fédération se règlent à la fédération et non devant un tribunal de droit commun. »
Le club affirme également son soutien au Kaloum FC et appelle au retrait immédiat de la plainte.
« Nous exprimons notre soutien total au Kaloum Football Club qui a été injustement traduit devant les tribunaux de droit commun et demandons au président de la Fédération Guinéenne de Football de retirer immédiatement sa plainte. »
Dans un texte publié sur son site officiel (horoyaac.com), le Horoya AC adopte une position similaire.
« Le Horoya est profondément choqué et indigné par la décision du président de la Fédération guinéenne de football de porter plainte contre le président et le secrétaire général de Kaloum Football Club, qui est pourtant un club membre de la FGF. »
Le club de Matam estime que cette initiative va à l’encontre des textes régissant la fédération.
« Cette action est non seulement contraire aux statuts de notre association nationale, mais elle constitue également une atteinte aux droits des membres au sein de la fédération. »
Plus loin dans sa correspondance, le Horoya AC rappelle l’existence de mécanismes internes de règlement des litiges et évoque une violation de l’article 16, point f, des statuts de la fédération. Le club apporte lui aussi son soutien au Kaloum FC et demande le retrait immédiat de la plainte.
Dans la foulée, le Horoya appelle les membres de la Fédération guinéenne de football à défendre les principes de démocratie et de transparence au sein de l’institution. Le club prévient également qu’il pourrait saisir les instances compétentes.
« Le Horoya AC se réserve le droit de saisir les instances compétentes de la FEGUIFOOT pour violation flagrante des statuts de la fédération, afin que toutes les conséquences de droit soient tirées. »
Les statuts de la Fédération guinéenne de football encadrent pourtant clairement la gestion des litiges internes. L’article 66 stipule notamment :
« En cas de litiges au sein de la FGF ou concernant les ligues, les clubs, les joueurs, les officiels et autres membres de la FGF, il est interdit de recourir aux tribunaux ordinaires dans la mesure où la réglementation de la FIFA, les présents statuts ainsi que les dispositions juridiques contraignantes ne prévoient pas expressément la saisine de tribunaux ordinaires. »
Le texte précise que ces litiges doivent d’abord être traités par les instances arbitrales compétentes.
« Les litiges susmentionnés devront être adressés au Tribunal Arbitral du Sport de Guinée (TASG). En cas de non-satisfaction, ils peuvent être portés devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne, en Suisse, après épuisement des voies de recours internes. »
Par ailleurs, il convient de rappeler que quelques jours auparavant, un audio a fuité dans la presse. Dans cet échange en malinké, une langue locale, on entend deux personnes : l’une présentée dans la presse comme le président de la FEGUIFOOT et l’autre comme un joueur de la RCCK. Dans cette conversation, le président, se présentant comme le patron de la fédération, tenterait de convaincre le joueur de rejoindre le Milo FC dont l’ambition, selon les propos tenus dans l’audio, est de devenir champion de Guinée et qui aurait besoin du joueur pour renforcer son effectif.


