Le Ministère de la Jeunesse et des Sports, dirigé par Cellou Baldé, est sorti de son silence après la cessation des fonctions du Comité exécutif de la Fédération guinéenne de football, dirigé par Sory Doumbouya. A la suite de la démission de Mamadou Alpha Hann.
Dans un communiqué publié ce samedi 11 juillet 2026 sur la page Facebook officielle du département, l’État exprime ses regrets face à cette nouvelle crise institutionnelle et annonce qu’il prendra toutes les dispositions nécessaires, dans le respect des textes, pour préserver les intérêts du football guinéen.
Le département indique avoir « pris acte de la cessation des fonctions du Bureau exécutif de la Fédération Guinéenne de Football, consécutive à la démission de l’un de ses membres, entraînant les conséquences prévues par les textes régissant cette institution ».
Pour le ministère, cette situation intervient au pire moment. « Le Département en charge des Sports regrette profondément cette situation qui intervient à un moment où le football guinéen amorçait une dynamique de stabilisation après plusieurs années de crises institutionnelles », souligne le communiqué.
Le ministère rappelle ensuite l’implication de l’État dans le processus de normalisation de la gouvernance de la Fédération guinéenne de football. Selon le communiqué, « le Gouvernement de la République de Guinée n’a ménagé aucun effort pour accompagner le retour à une gouvernance apaisée du football national ». Il affirme avoir privilégié « le dialogue entre les différentes parties prenantes afin de favoriser un climat de confiance et de concertation », tout en accompagnant « les différents processus de sortie de crise ayant conduit à la normalisation progressive de la gouvernance de la Fédération Guinéenne de Football ».
Le département met également en avant les démarches entreprises auprès des instances internationales. Il rappelle que le Gouvernement s’est « fortement mobilisé pour préserver les intérêts de la Guinée auprès des instances internationales du football, notamment en maintenant un dialogue permanent avec la FIFA et la CAF afin d’éviter toute mesure préjudiciable au football guinéen ».
Selon le ministère, ces efforts ont permis « de préserver la participation de nos équipes nationales aux compétitions internationales, d’assurer la continuité des programmes de développement du football et de créer les conditions favorables à la tenue d’élections devant consacrer le retour à une gouvernance régulière et conforme aux textes ».
Le communiqué estime cependant que la nouvelle crise risque d’anéantir ces avancées. « La situation qui prévaut aujourd’hui est particulièrement regrettable. Elle vient compromettre les importants efforts politiques, diplomatiques, administratifs et financiers consentis par l’État pour restaurer la stabilité institutionnelle du football guinéen et renforcer la crédibilité de ses organes de gouvernance », regrette le ministère.
Tout en réaffirmant son attachement au principe d’autonomie du mouvement sportif, le département précise que celle-ci « ne saurait toutefois être dissociée de l’impératif de bonne gouvernance, de stabilité institutionnelle et de préservation de l’intérêt général du sport ».
Le passage le plus fort du communiqué concerne les mesures que le ministère entend prendre. « Face à cette nouvelle crise, le Ministère entend assumer pleinement les responsabilités qui lui sont conférées par les lois et règlements de la République. Il usera de toutes les prérogatives relevant de ses compétences afin de préserver l’intérêt supérieur du football guinéen, de garantir la continuité du fonctionnement des institutions sportives nationales et de protéger les acquis obtenus ces dernières années », affirme le département.
Le ministère ajoute qu’il « prendra, en temps opportun, toutes les dispositions qu’il jugera nécessaires et appropriées, dans le strict respect des lois de la République, des statuts de la Fédération Guinéenne de Football ainsi que des règlements de la FIFA et de la Confédération Africaine de Football, en concertation avec les instances concernées ».
Enfin, le département dirigé par Cellou Baldé appelle « l’ensemble des acteurs du football guinéen à privilégier le sens des responsabilités, le dialogue et l’intérêt supérieur de la Nation, afin que cette nouvelle épreuve débouche rapidement sur une solution durable, conforme aux textes et favorable au développement du football guinéen ».
À la suite de la démission de Mamadou Alpha Hann, le Comité exécutif ne compte désormais plus que six membres sur les treize prévus par les statuts de la Feguifoot. Une situation qui place l’instance en dehors des exigences statutaires. L’alinéa 9 de l’article 36 prévoit en effet que : « Si plus de la moitié des postes deviennent vacants, le secrétaire général doit convoquer une assemblée générale extraordinaire dans les plus brefs délais. »


