La Fédération nationale d’E-sport a été officiellement lancée ce samedi 11 octobre 2025 en Guinée, à l’occasion d’une cérémonie organisée dans un réceptif hôtelier de Conakry. L’événement a réuni plusieurs personnalités du monde sportif, ainsi que des représentants du secteur numérique et de la société civile.
Cette nouvelle fédération, baptisée Fédération Nationale d’E-sport de Guinée (FNEG), a reçu son agrément officiel des mains du ministre des Sports, Keamou Bogola Haba, qui a également signé la délégation de pouvoir autorisant sa création.
Moment d’émotion pour le premier responsable de la FNEG, Malian Thiam, visiblement fier de voir aboutir ce projet. Il a exprimé sa satisfaction et partagé ses ambitions pour l’avenir du E-sport guinéen.
« Je suis très content de vous accueillir ici ce soir pour le lancement officiel de la Fédération Nationale de E-Sport. Notre ambition est claire : faire de l’E-sport un levier d’éducation, d’inclusion et d’innovation pour la jeunesse guinéenne, conformément à la vision stratégique du programme Simandou 2040, qui ambitionne de transformer durablement notre pays à travers la diversification de l’économie et l’émergence du capital humain. Aujourd’hui, la Guinée entre dans une nouvelle ère où le talent numérique devient une fierté nationale, une ère où l’E-sport n’est plus un simple jeu, mais une voie d’avenir », a-t-il déclaré.
De son côté, le ministre des Sports, Keamou Bogola Haba, a salué la création de cette fédération, qu’il considère comme un outil essentiel pour canaliser les énergies de la jeunesse guinéenne.
« (…) Nous saluons la création de cette fédération. Le conflit dans les familles entre le numérique et l’activité physique est connu de tous, et l’E-sport vient combler un grand vide. Désormais, nous pourrons mieux encadrer les jeunes et savoir comment ils utilisent le numérique, au lieu de le détourner à des fins inappropriées. Au nom du président de la République et de l’ensemble des fédérations sportives, nous déclarons officiellement le lancement de la Fédération Nationale de E-Sport de Guinée », dira-t-il.
Également présente à la cérémonie, la ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou, a insisté sur la dimension économique et inclusive de ce projet.
« (…) Gouvernement, fédérations, secteur privé et jeunes, nous pouvons faire du E-sport un véritable moteur du développement économique, social et culturel de la Guinée. D’ici fin 2026, nous aurons plus de 33 clubs numériques à travers nos 33 préfectures. Grâce aux salles de gaming et au projet ‘technopôle’, nous renforcerons les compétences numériques et rendrons le E-sport accessible à tous les jeunes Guinéens », a-t-elle promis.
La cérémonie a également enregistré la présence d’invités étrangers, notamment El Hadj Mansour Jacques Sagna, président de la Fédération sénégalaise d’E-sport, qui a salué cette avancée pour la sous-région.
« (…) La Fédération sénégalaise d’E-sport se réjouit de voir l’E-sport devenir un nouveau terrain d’excellence et d’échanges entre la Guinée et le Sénégal. Nous partageons la conviction que le jeu vidéo et le E-sport représentent aujourd’hui une véritable innovation qui renforce les liens fraternels hérités de nos anciens. Le jeu vidéo compte aujourd’hui près de 3,4 milliards de gamers dans le monde, pour une économie estimée à plus de 200 milliards de dollars. En Afrique, ce secteur pèse déjà 1,8 % du PIB, soit 1 400 milliards de francs CFA en 2024, avec plus de 600 millions de joueurs », a-t-il rappelé.
Avant même sa reconnaissance officielle, la Fédération nationale d’E-sport de Guinée avait déjà organisé une première compétition baptisée « FIFA Champions Guinée » en juin dernier, suscitant un réel engouement et récompensant les meilleurs participants.
Le E-sport, ou sport électronique, désigne la pratique compétitive du jeu vidéo. Contrairement au jeu de loisir, il met en scène des joueurs professionnels ou semi-professionnels s’affrontant lors de tournois organisés, souvent devant des milliers de spectateurs, en ligne ou dans des arènes physiques.
Avec cette initiative, la Guinée espère désormais faire du E-sport un levier d’éducation, de créativité et de développement économique au service de sa jeunesse.
Mohamed Lamine Soumah


