La tournée européenne du sélectionneur du Syli National, Paulo Duarte, engagée sur initiative du Comité exécutif de la FEGUIFOOT, continue de faire réagir. Dans une analyse publiée ce lundi sur Facebook, l’ancien international guinéen Abdoul Karim Bangoura, dit « AKB », dénonce une démarche qu’il juge coûteuse, inefficace et éloignée des priorités du football guinéen.
Pour AKB, ces déplacements en Europe relèvent davantage de la vitrine que de l’efficacité sportive. Il estime que « aller se promener en Europe sous prétexte de rencontrer des joueurs, au prix de lourdes dépenses financières, n’apportera aucun bénéfice réel à notre football ». Une critique d’autant plus sévère que, selon lui, la Fédération guinéenne de football traverse une période financière délicate.
L’ancien international pointe un paradoxe qu’il juge révélateur d’une mauvaise gouvernance : « La FEGUIFOOT, pourtant confrontée à de sérieuses difficultés financières, trouve paradoxalement toujours les moyens de financer des voyages et de s’octroyer des primes dès qu’elle reçoit des subventions ». Des ressources qui, selon lui, devraient prioritairement servir au développement du football local.
AKB regrette que ces fonds ne soient pas orientés vers l’essentiel. « Au lieu d’être consacrés à la formation, au développement des compétitions nationales et à l’amélioration des structures locales, ces ressources sont dilapidées dans des dépenses improductives », déplore-t-il, estimant que cette gestion freine durablement le progrès du football guinéen.
Sur le plan sportif, l’ancien international reconnaît que le recrutement de joueurs formés à l’étranger peut être utile, mais refuse d’en faire une stratégie centrale. « Le recrutement de joueurs formés à l’étranger peut certes constituer un apport complémentaire, mais il ne saurait être utilisé comme une solution de facilité », insiste-t-il, dénonçant la négligence de la formation locale et des jeunes talents guinéens.
L’analyse d’AKB aborde également la gouvernance du football national. Il alerte sur « les conflits d’intérêts au sein de la FEGUIFOOT », qu’il considère comme « une menace sérieuse pour l’équité et la crédibilité du championnat ». Il évoque aussi les accusations d’ingérence dans l’arbitrage, rappelant que celles-ci « illustrent davantage la dérive d’un système où le sport semble instrumentalisé au service d’intérêts personnels ».
Enfin, l’ancien international interpelle les autorités politiques. Selon lui, « le rôle des autorités politiques, en particulier celui du Ministère des Sports, interpelle », dénonçant une passivité face à des dysfonctionnements pourtant visibles.
Pour AKB, la sortie de crise passe par « une réforme profonde du système », incluant « un audit transparent de la gestion financière et administrative de la FEGUIFOOT » et un projet commun fondé sur « des valeurs d’intégrité, de transparence et de développement durable ».


