La tension continue de monter au sein de la Fédération guinéenne de boxe (FEGUIBOXE). Face à la presse ce samedi 16 mai à Conakry, plusieurs responsables de l’instance ont affiché leurs profondes divergences avec le président Alpha Amadou Baldé, actuellement suspendu pour trois mois selon les informations recueillies sur place. Au centre des revendications : la tenue d’un congrès électif afin de sortir une discipline déjà fragilisée par plusieurs années d’instabilité institutionnelle.
Dans une atmosphère tendue, les intervenants ont dressé le tableau d’une fédération minée par les blocages internes. Pour Naby Laye Moussa Soumah, responsable de la communication de la FEGUIBOXE, la boxe guinéenne risque gros si une solution rapide n’est pas trouvée.
« Aujourd’hui nous allons vous parler d’une crise qui date de très longtemps depuis après les élections du bureau de 2022 au sein de la Fédération Guinéenne de Boxe. Il ne faut pas que cette discipline disparaisse à cause des agissements de certains individus. Pour éviter cela, nous demandons juste au ministère de nous accompagner pour que nous puissions sortir de cette crise parce que vous n’êtes pas sans savoir que la Guinée a été suspendue en 2018. Pour nous, nous demandons simplement au ministère de nous aider à sortir de cette crise, c’est ce que nous demandons. Il y a eu une première suspension en 2021, cette suspension a été causée parce qu’un président est fermement resté sur sa position et n’a pas obtempéré quand il le fallait. Nous ne voulons pas revivre cela parce qu’il y a beaucoup d’enfants aujourd’hui qui sont passionnés par cette discipline », a-t-il expliqué.
Derrière cette sortie médiatique, les acteurs de la boxe guinéenne craignent surtout une nouvelle mise à l’écart de la Guinée sur la scène internationale. Une situation qui pénaliserait directement les athlètes, les entraîneurs et les jeunes talents issus des clubs locaux, dans un contexte où la discipline peine déjà à retrouver sa stabilité.
Président de la Ligue guinéenne de boxe de Conakry, Amara Seto Camara a, lui aussi, interpellé les autorités sportives, appelant le ministre de la Jeunesse et des Sports à jouer un rôle de médiateur dans ce dossier devenu explosif.
« Le ministre doit nous venir en aide. C’est juste notre doléance. Nous traversons une crise et moi, personnellement, je demande au ministre des Sports, son excellence Cellou Baldé, avec toute sa sagesse, de résoudre ce problème. Nous savons qu’il a hérité de cette situation, mais nous lui demandons humblement de nous aider », a-t-il lancé.
Malgré sa suspension provisoire de trois mois, Alpha Amadou Baldé ne semble pas disposé à quitter la présidence. Une position qui accentue davantage les fractures internes au sein de la FEGUIBOXE, alors que plusieurs membres du bureau poussent désormais pour une transition et l’organisation rapide d’un congrès électif.
Déjà suspendue par le passé, notamment en 2018 puis en 2021, la boxe guinéenne se retrouve une nouvelle fois à un tournant décisif de son histoire administrative.
Mohamed Lamine Soumah


