Le Centre technique Chérif Souleymane de Nongo a vibré, samedi 2 mai 2026, au rythme du lancement d’une vaste opération de détection de jeunes footballeurs, portée par une ambition claire : offrir une voie légale et structurée vers l’Europe, tout en freinant les départs clandestins.
Une dizaine d’académies sont en lice pour cette initiative réunissant des recruteurs venus de Turquie et de Hongrie. À l’origine du projet, Mohamed Bangoura, accompagné d’anciens internationaux guinéens, entend détecter, encadrer et orienter les jeunes talents vers des clubs européens, dans un cadre sécurisé.
Parmi les observateurs, Souleymane Youla, ancien international guinéen, s’est montré attentif dès les premières oppositions : « Le premier match, c’était intéressant, on a vu quelques petits. Comme tu as dit, c’est le premier match, donc on va continuer à les regarder. D’ici la fin, on va prendre une bonne décision.
On fait ça parce qu’on voit beaucoup de jeunes talents qui prennent la mer pour aller en Europe. Ils n’ont jamais la chance de jouer. D’abord, quand tu n’as pas de papiers, il n’y a aucun club qui va te prendre.
C’est pour cela que c’est toujours mieux de sortir officiellement. C’est ça qui est très important. Je vois beaucoup de talents qui ont gâché leur carrière par rapport à ça. Parce que si tu arrives, tu n’as pas de papiers. Il n’y a aucun club qui va te prendre. Tu vas aller dans la rue, le temps de régler tes papiers, tu as déjà perdu 5 ans. C’est ça qu’on veut arrêter. On sait qu’il y a beaucoup de talents, mais on va essayer de prendre les joueurs qui rentrent dans notre critère. C’est très important ».
De son côté, Mohamed Bangoura insiste sur la portée sociale du projet : « L’immigration clandestine, c’est une réalité mondiale. On voit nos jeunes qui quittent l’Afrique pour partir en Europe. À travers la Méditerranée, il y a des morts. Certains arrivent, mais avec le problème des papiers. On a jugé nécessaire, nous et nos partenaires, surtout monsieur Djibril Sow, qui réside en France, à Bordeaux exactement, de faire une détection, d’envoyer les jeunes par la voie légale. C’est ce qui nous a motivés à le faire.
Ce sont des académies agréées, que nous avons contactées pour participer à cette détection. Nous voulons vraiment faire les choses dans les règles de l’art. Nous avons d’abord échangé avec les académies pour leur expliquer les tenants et aboutissants du projet, en établissant un contrat avec elles.
Nous avons également exigé que les négociations avec les recruteurs se fassent ici en Guinée. Il n’y a pas de test à l’étranger : si un joueur est recruté ici, tout se fait à partir d’ici.
L’appel que je lance aux jeunes, c’est qu’on peut réussir ici. On peut aussi partir en Occident, mais il faut privilégier la voie légale pour éviter les difficultés ou les disparitions. Quand un Guinéen meurt dans le désert ou en Méditerranée, c’est toute la Guinée et sa jeunesse qui perdent ».
Prévue du 2 au 6 mai 2026, cette détection s’articule autour de plusieurs rencontres, offrant aux jeunes une vitrine idéale pour exprimer leur potentiel et convaincre les recruteurs présents.


