Il y a des dirigeants qui accompagnent le sport… et d’autres qui le transforment. À la tête de la Fédération guinéenne de handball, le Général Mamadouba Paye Camara appartient clairement à cette seconde catégorie. Dans un environnement longtemps marqué par l’instabilité et le manque de structuration, il a imposé une vision, une méthode et surtout des résultats. Aujourd’hui, le handball guinéen ne survit plus : il s’impose et force le respect.
Il suffit de regarder les faits récents pour mesurer l’ampleur du travail accompli. En Bulgarie, les sélections féminines U17 et U19 ont signé un exploit retentissant en remportant la phase intercontinentale du IHF Trophy, dominant des nations comme le Canada ou le Venezuela. Un doublé historique qui propulse la Guinée au sommet chez les jeunes et confirme une progression méthodique, loin du hasard.
Derrière ces performances, il y a une politique clairement assumée : structurer, former et projeter. Sous l’impulsion du Général Paye Camara, la formation locale s’est renforcée, ouvrant la voie à une nouvelle génération de handballeurs et handballeuses désormais capables de signer des contrats professionnels à l’international. Le phénomène est inédit à cette échelle pour la discipline en Guinée.
Cette stratégie ne s’arrête pas aux joueurs. Elle s’étend également à l’encadrement technique. La Fédération guinéenne de handball investit activement dans la formation des entraîneurs. Aujourd’hui, ils sont nombreux à avoir obtenu des diplômes, entièrement financés par l’instance dirigeante. Un levier essentiel pour garantir un développement durable et élever le niveau global du handball guinéen.
Plus encore, cette dynamique attire. Des binationaux, séduits par le sérieux du projet sportif, choisissent aujourd’hui de représenter la Guinée. Un signal fort, révélateur de la crédibilité retrouvée du handball guinéen sur la scène internationale.
Mais l’homme ne s’est pas limité à la performance sportive. Il a aussi investi dans les infrastructures, avec la construction d’un gymnase financé sur fonds propres de la fédération. Une enceinte devenue aujourd’hui un véritable hub multisports, accueillant aussi bien le handball que le sambo (lors du championnat africain), le futsal ou encore le maracana. Une vision moderne et inclusive du développement sportif.
Paradoxalement, celui qui incarne cette renaissance n’a jamais pratiqué le handball. Mais c’est justement là que réside sa force : une passion sincère pour la discipline et une volonté assumée d’offrir aux jeunes ce qu’il n’a pas connu. Une ambition traduite en actes, avec une présence remarquée dans des commissions importantes au sein des instances africaines et internationales du handball.
Sur le terrain, la dynamique se poursuit. En ce mois d’avril, l’équipe nationale senior féminine a déjà entamé sa préparation à Conakry en vue de la CAN prévue en décembre prochain en Tunisie. Une anticipation qui illustre une organisation maîtrisée et une stratégie orientée vers la performance durable.
Le Général Paye Camara n’est pas simplement un président de fédération. Il est devenu un modèle de gouvernance sportive. Un dirigeant qui sert son sport, et non l’inverse. Dans un paysage sportif souvent en quête de repères, son action devrait inspirer bien au-delà du handball.
Car aujourd’hui, une certitude s’impose : la Guinée du handball n’est plus une promesse. Elle est une réalité.
Edito de Hamidou Bangoura (Kibola)


