L’arbitrage guinéen s’apprête à connaître un important renouvellement sur la scène internationale. Sept arbitres et arbitres assistants figurant sur la liste FIFA de la Guinée seront remplacés pour l’année 2027, selon un document auquel notre rédaction a eu accès. Cette décision de la Commission des arbitres de la Fédération guinéenne de football intervient dans un contexte marqué par des divergences autour des conditions de réinscription, des tests physiques et plusieurs démissions au sein de la corporation. Parmi les arbitres concernés figure Abdoulaye Manet, qui a décidé de quitter l’arbitrage guinéen et revient sur les raisons de son départ.
Selon un document consulté par notre rédaction, la Commission des arbitres a décidé de procéder au remplacement de sept de ses représentants sur la liste des arbitres internationaux de la FIFA. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion tenue le 29 septembre 2026, sous la présidence de Bangaly Konaté, président de la Commission des arbitres, en présence de cinq de ses sept membres et du chef du département de l’arbitrage, Aboubacar Doumbouya.
Au cœur des discussions figurait initialement la situation de trois arbitres FIFA qui, selon le compte rendu de cette réunion, « ont refusé de se soumettre au test d’aptitude physique exigé pour leur réinscription sur la liste internationale de 2027 ».
D’après les explications présentées au cours des échanges, les trois concernés auraient été convoqués à trois reprises pour effectuer ce test, sans finalement se présenter. À en croire le document consulté par Africasport.org, le vice-président de la Commission, Ibrahima Sory Sow, a notamment évoqué les efforts consentis par la Fédération guinéenne de football et la FIFA afin de leur permettre de satisfaire à cette exigence.
Pour le président de la Commission, Bangaly Konaté, il était nécessaire de prendre une décision ferme afin d’éviter que cette situation ne fasse jurisprudence lors des prochaines campagnes de réinscription. Il a notamment estimé qu’une reconduction sans passage du test physique constituerait une entorse aux principes et critères établis par la FIFA.
« Je voudrais que chacun se prononce dans l’intérêt supérieur de notre corporation afin que cette situation inédite ne se reproduise plus. (les, ndlr) arbitres FIFA qui souhaitent être reconduits sans passer le TEST est inédit et ouvrira une brèche les années à venir pour les futures réinscriptions. C’est pour cela que nous, membres de la C.A et le Chef de département devront prendre une décision pour faire cesser ce genre de chantage de la part de certains arbitres FIFA », indique le procès-verbal de la réunion.
Un renouvellement sur fond de départs et de tensions
Les discussions ont donné lieu à des positions divergentes. Si certains membres de la Commission ont initialement plaidé pour une nouvelle chance accordée aux arbitres concernés, d’autres ont défendu la nécessité de miser sur de nouveaux profils.
Le chef du département de l’arbitrage, Aboubacar Doumbouya, a notamment insisté sur les opportunités dont auraient bénéficié les arbitres concernés sans parvenir, selon le document, à franchir un nouveau palier sur le plan international. Il a ainsi appelé à saisir cette occasion pour rajeunir et renforcer l’arbitrage guinéen.
Au terme des débats, les membres initialement favorables à une réinscription ont finalement rejoint la position majoritaire. Les deux autres membres de la Commission, absents à la réunion et joints au téléphone, ont également apporté leur soutien à cette décision, précise le document.
Cette recomposition intervient dans un contexte particulièrement mouvementé pour l’arbitrage guinéen. Plusieurs arbitres ont en effet quitté la corporation, notamment Mouctar Diallo Kollet, Younoussa Camara Tawel et Abdoulaye Manet. Ces départs viennent s’ajouter aux divergences évoquées dans le compte rendu et témoignent d’une période de transition au sein de l’arbitrage national.
Abdoulaye Manet explique les raisons de sa démission
Parmi les arbitres concernés par le remplacement, Abdoulaye Manet a décidé de tourner définitivement la page de l’arbitrage. Dans une interview accordée à notre rédaction, l’ancien arbitre FIFA est revenu sur les circonstances de son départ, évoquant notamment un sentiment de manque de protection et d’accompagnement de la part de sa Commission.
Il fait notamment référence à son remplacement dans la désignation pour la rencontre Ouganda-Libye, comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027.

« Vous avez certainement eu quelques échos par rapport à mon remplacement sur mon match des éliminatoires de la CAN que je devais arbitrer Uganda vs Libye. Mais après, moi je me suis dit que c’est un match, je suis un arbitre FIFA, je pouvais avoir d’autres matchs plus importants que ça. Donc, je me suis dit que de continuer à travailler, après il y aura d’autres matchs.
Mais à mon fort étonnement, j’ai senti que je ne suis pas non seulement protégé par ma commission et j’ai dit pourquoi maintenant rester dans une corporation d’où tu fournis assez d’efforts, tu te bats du jour au lendemain pour aller au haut niveau, après j’ai vu que je ne suis pas protégé, je ne suis pas accompagné. J’ai dit, ça ne sert à rien de continuer, il y a d’autres activités à faire et c’est la raison pour laquelle j’ai déposé ma lettre de démission au secrétariat général de la Fédération guinéenne de football.
La CAF m’a mis au rouge parce que la lettre que la CAF a reçue, c’est-à-dire que j’ai refusé de faire le test physique, et bien à travers cette lettre, la CAF ne m’a plus désigné. Donc il fallait reprendre le test.
Et dans une émission de vos confrères, après le président de la commission avait appelé, il avait intervenu, et puis moi aussi j’avais intervenu. À l’issue de ça, le même jour, ils m’ont programmé pour faire un test trois jours après. Pendant que j’avais demandé personnellement de venir faire mon test, ils m’ont refusé.
Donc quand la commission a programmé le test, j’ai pas refusé, j’ai pas écrit. Mais tout le monde sait à chaque fois qu’on a un test, on commence par une visite médicale qui doit être certifiée par le médecin, et qui doit te permettre de faire le test après la visite médicale.
Je suis allé, comme d’habitude, pour la visite médicale. Après la visite, le médecin m’a donné un papier que je ne pourrais pas courir à cette date.
Parce que j’avais quelques problèmes. Donc il fallait faire une semaine de traitement avant de faire le test, pour ne pas m’exposer à des trucs comme vous connaissez.
Donc je suis allé, j’ai déposé le papier au niveau du département de l’arbitrage. Après le chef de département m’a demandé d’écrire. Le même jour, j’ai encore écrit, j’ai déposé.
Donc dans ce cas, comme le règlement de la FIFA indique, quand un arbitre est malade ou a un problème de santé, il est normal de l’inscrire tout en mettant malade ; quand il sera rétabli, il fait son test pour être désigné par la FIFA ou la CAF.
Ben, après beaucoup de démarches, non seulement au niveau de l’association des arbitres, avec des anciens arbitres qui sont censés nous protéger, intervenir en notre faveur, on a compris que la commission n’a pas voulu accepter », a-t-il expliqué.
Ces déclarations apportent un éclairage différent sur les circonstances du départ de l’ancien arbitre international. Alors que la Commission met en avant le respect des exigences physiques et les critères de la FIFA pour justifier le renouvellement, Abdoulaye Manet affirme, de son côté, avoir sollicité la possibilité de passer son test après une période de traitement médical. Il dénonce également un manque d’accompagnement et de protection.
Sept nouveaux noms sur la liste FIFA
Au total, sept arbitres et arbitres assistants seront remplacés sur la liste internationale de la Guinée pour 2027.
Les arbitres concernés par cette décision sont Younoussa Camara Tawel, Abdoulaye Manet, Naby Laye Touré, Sidiki Sidibé, Mamady Téré, Mouctar Diallo Kollet et Moussa Traoré.
Pour leur succéder, la Commission a retenu sept nouveaux profils, répartis entre trois arbitres centraux et quatre arbitres assistants.
Les nouveaux arbitres centraux sont Seydouba Mané, Mory Thoutè Condé et Mamadou Oury Barry. Chez les assistants, les choix se sont portés sur Moussa Bah, Bourouhane Camara, Madou Sidibé et Mohamed Aguibou Camara.
Les nouveaux promus auront désormais la responsabilité de porter les couleurs de la Guinée dans les compétitions internationales, dans un contexte où la gestion de la corporation et l’accompagnement des arbitres restent au cœur des préoccupations.

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