Chaque parcours sportif possède un point de départ. Celui de Lansana Bea Diallo est né d’un épisode de violence qui l’a profondément marqué. Alors qu’il vivait à Paris dans les années 1980, une agression dont il a été victime avec des amis a notamment entraîné la perte définitive d’un œil pour l’un d’entre eux. Un événement qui va bouleverser le futur boxeur professionnel et l’inciter à chercher dans la boxe un moyen de canaliser sa colère.
C’est lui-même qui est revenu sur cette période lors de l’émission « Les Prolongations » sur Africasport TV.
« (…) il est important évidemment de rappeler ce qui m’amène à la boxe : justement à Paris dans les années 80, je suis avec des amis, on subit une violence, une agression. Et cette agression, effectivement, fait en sorte qu’un de mes amis perd l’œil définitivement. Et c’est quelque chose qui me touche profondément et qui me rend extrêmement violent.
Et donc, j’ai réussi effectivement à rencontrer la boxe en Belgique, ce qui m’a permis de canaliser cette violence et d’en faire une vraie force pour devenir effectivement l’homme que je suis devenu aujourd’hui. C’est-à-dire que je me suis rendu compte qu’en fait, une violence exprimée d’une manière sans règles n’est pas quelque chose de très positif. Donc la boxe m’a permis de canaliser ça et d’en faire une véritable force ».
Né au Liberia d’un père guinéen et grandi à Paris, en France, où il découvre ses premières sensations dans la boxe, Lansana Bea Diallo va véritablement marquer l’histoire des rings en Belgique à partir des années 1990. Son parcours est alors jalonné de titres et de succès.
En 1990, il devient champion de Belgique amateur. En 1994, il passe professionnel et décroche rapidement la ceinture nationale des super-welters.
Deux ans plus tard, il change de catégorie et s’empare du titre de champion du Benelux chez les mi-lourds. Mais le sommet de sa carrière se dessine entre 1998 et 2004. Lansana Bea Diallo s’impose alors au plus haut niveau chez les poids moyens et remporte puis défend à sept reprises la ceinture de champion intercontinental IBF.
Le point culminant de ce parcours intervient en Guinée. Au sommet de sa gloire, le boxeur choisit de ramener la boxe mondiale à Conakry pour une défense de titre mémorable au Stade du 28-Septembre, devant plus de 60 000 spectateurs. Dans un stade en ébullition, Bea Diallo inscrit alors une nouvelle page de son histoire sportive dans son pays d’origine.
Il met un terme à sa carrière sportive en 2007, avant de transmettre le flambeau à son fils, Ibrahima Diallo Junior, qui évolue aujourd’hui sous le drapeau guinéen.
Après sa carrière sportive, Lansana Bea Diallo s’engage en politique et devient ministre de la Jeunesse et des Sports de la République de Guinée. Après avoir été limogé, il retrouve ensuite le gouvernement, cette fois à la tête du seul département de la Jeunesse, qu’il dirige actuellement.
Ancien député au Parlement belge, Lansana Bea Diallo présente ainsi un parcours atypique, de la rue aux rings, puis du sport à la politique. Une trajectoire construite entre la violence vécue dans sa jeunesse, la discipline de la boxe et les responsabilités publiques.


